Dans le cadre du projet MICROPLAITE, l’URCA et le laboratoire FARE (Fractionnement des Agro-Ressources, UMR Inrae/URCA) travaillent à la formulation de nouveaux supports destinés à la reconstruction tissulaire. L’objectif est d’optimiser ces matériaux par l’ajout de lignine, une molécule naturelle trouvée dans les parois du bois et des plantes, qui suscite un intérêt croissant en raison de ses caractéristiques biologiques et écologiques. L’URCA est responsable d’un certain nombre de tests de caractérisation, notamment antioxydantes, antibactériennes, ainsi que de fournir un support quant à l’intégration de la lignine dans les différents scaffolds.
Tests de rhéologie
Les tests de rhéologie sont une partie essentielle de chaque procédé en biomatériaux. Il s’agit de l’étude de l’évolution de la viscosité d’un matériau, d’un mélange, en fonction d’une contrainte (déformation). Nos tests ont permis de mettre en évidence l’influence de l’addition de la lignine dans la matrice de polysuccinate de butyle, en réduisant la viscosité de cette dernière plus la charge de lignine. Ce résultat peut s’expliquer par la transestérification ainsi que la production de radicaux libres lors de l’étape d’extrusion.
DSC OOT OIT (Oxydative Onset Temperature / Oxydative Induction Time)
Ce test permet de déterminer la température d’oxydation (OOT) ou le temps que met un matériau à s’oxyder à une température donnée (OIT). Ce sont des mesures qui s’effectuent via une DSC (Calorimétrie différentielle à balayage), et qui donnent une idée du pouvoir antioxydant d’un polymère, chargé ou non. Dans ce cas, nous avons voulu tester cela à différents pourcentages de lignine. Les résultats montrent que plus de la lignine est ajoutée, plus le matériau a besoin de température (ou de temps) pour s’oxyder. Cependant, un léger ralentissement de cette propriété a été remarqué aux alentours de 5% de lignine, ce qui laisse présager une stagnation voire une baisse des propriétés antioxydante à plus haut taux de charge.
DPPH
La méthode du DPPH consiste à suivre la réduction d’une molécule oxydante, le DPPH, en suivant la baisse de son absorbance à 515nm. Elle permet de quantifier chimiquement l’activité antioxydante d’une molécule. Mais il est peu commun d’utiliser cette méthode sur des solides, d’où la nécessité de réaliser des tests préliminaires pour garantir de l’efficacité de la méthode en faisant varier certains paramètres (Quantité de DPPH en solution, temps de cinétique, taille des échantillons par exemple). Les premiers résultats montrent un bon dosage, mais quelques optimisations sont à faire concernant le temps de mesure.